Portel-des-Corbières, une gare
sur la ligne
Lézignan-La Nouvelle
des
Tramways de l'Aude

(des photos inédites de Portel-des-Corbières dans les années 60 et 70s sont consultables ici --> PHOTOS)

 
PORTEL-DES-CORBIERES à l'époque. Collection F.POUS
(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

C'est un petit village des Corbières. Durant trente années (de 1902 jusqu'en 1932), il fut traversé par un chemin de fer à voie métrique:
il s'agissait de la ligne Lézignan - La Nouvelle via Fabrezan, Les Palais, Thézan et Ripaud des
Tramways de l'Aude (TA).
Les Tramways de l'Aude irriguaient tout ce département avec 336 km de lignes à voie métrique (20 km franchissant le département voisin de l'Hérault).

Les lignes des TA:
* Castelnaudary-Belpech
* Bram-St-Denis
* Bram-Fanjeaux
* Carcassonne-Lastours
* Carcassonne-Lézignan (via Caunes et Olonzac)
* Lézignan-La Nouvelle (via Fabrezan, Les Palais, Thézan, Ripaud)
* Fabrezan-St-Pierre-des-Champs
* Les Palais-Mouthoumet
* Narbonne-Thézan
* Ripaud-Tuchan
* Narbonne-Ouveillan
* Narbonne-Fleury

Nous n'évoquerons ici que la ligne Lézignan-La Nouvelle et ses embranchements.
Malgré la dénomination de "Tramway" de l'Aude, le train était établi sur plusieurs sections en site propre dont les plus importantes: entre Narbonne et Thézan (dans le secteur de Bizanet) et entre Ripaud et Tuchan (tronçon du Col de l'Extrême). Sur les autres lignes, la voie ferrée quittait souvent l'accotement routier sur de courtes sections (nous citerons le départ de Lézignan où la voie des TA se dirigeant vers Fabrezan franchissait la ligne du MIDI Toulouse-Narbonne, et entre Les Palais et Mouthoumet, ligne la plus accidentée de tout le réseau).

Un convoi des Tramways de l'Aude franchit La Berre à
PORTEL-DES-CORBIERES. Collection F.POUS

La gare de PORTEL-DES-CORBIERES. Derrière la voiture on aperçoit
le toit de la remise dans laquelle était garée la voiture-salon des TA.
Le BV a été rasé il y a déjà longtemps. Collection F.POUS

LE MATERIEL MOTEUR ROULANT
Il était constitué de locomotives à vapeur Corpet-Louvet de type 030T, d'un autorail Berliet (en 1924) et de 5 autorails De Dion (en 1925).

LES PRINCIPAUX OUVRAGES D'ART
Les ouvrages remarquables purement ferroviaires sont rares sur la ligne Lézignan-La Nouvelle. En fait, il n'y en a qu'un: après Donos, le tunnel qui précède la bifurcation de Ripaud. Ce tunnel a été détruit vers la fin des années 1970 afin d'éviter le sévère coude que faisait la route pour le contourner. Les documents représentant ce souterrain sont rarissimes. En tout cas l'auteur en recherche toujours activement une vue. Si un internaute possède ce sésame, je le remercie d'avance d'avoir la gentillesse de m'en faire profiter! ;-) Avec son autorisation c'est bien volontiers que je publierai la photo sur ce site en mentionnant le nom et le prénom de son heureux possesseur--> pour m'écrire, utiliser cette adresse, merci : elie.copter354@gmail.com

En revanche, le tunnel de Ripaud sur la ligne de Tuchan est, lui, toujours visible de nos jours, réutilisé pour la circulation routière de l'actuelle D 611.
A Portel-des-Corbières, le train franchissait La Berre sur un pont haut de 28 mètres mais il s'agissait à l'origine d'un pont routier.


La traversée de SIGEAN. Collection F.POUS

 

LES VESTIGES
Les deux tunnels de Ripaud ayant été évoqués ci-dessus, les vestiges des TA concernent principalement les bâtiments. A Portel-des-Corbières la gare a disparu mais il reste la remise (qui abrita la voiture-salon de la Compagnie). Cette remise appartient aujourd'hui à un particulier qui l'a modifiée.

 

Des gares sont toutefois toujours visibles: citons La Nouvelle (le BV est juste en face de celui de la SNCF), Les Palais, Sigean (modeste bâtiment aujourd'hui méconnaissable), Fontjoncouse (dans une vigne en bord de route), Ferrals-des-Corbières. A Ripaud, la gare a été rasée il y a quelques années mais les murs du dépôt des locomotives sont toujours là. A l'intérieur on peut encore y voir les deux fosses. A Thézan, l'ancienne remise à deux voies est toujours là, le château d'eau détruit en 1998. Au Col de l'Extrême, la plate-forme est nettement visible, en remblais et en tranchées. Un gros creux dans le rocher serait, paraît-il, l'emplacement du garage d'une locomotive qui servait à la pousse de convois. A Bizanet la plate-forme est parcourable sur la déviation en hauteur de la route. A Lézignan, le BV des TA a malheureusement été détruit.
Pour ce qui est du matériel, hélas il n'en reste rien aujourd'hui si ce n'est un wagon (sans ses roues) qui sert d'abri dans une vigne dans l'Aude. 

Pour découvrir des photos des vestiges des Tramways de l'Aude, cliquez sur la photo du wagon -->