
Bellegarde-La Cluse (1882-1990)
Le 27 mai 1990, la ligne Bellegarde-La Cluse était reportée sur route. Une nouvelle page de l'histoire des chemins de fer en France était -momentanément- tournée.
C'est le 1er avril 1882 que la « Compagnie des Dombes et des Chemins de fer du Sud-est » inaugure la ligne longue de 28 kilomètres.
Avec ses rampes de 23 mm/m , la voie unique
n'aura finalement été (jusqu'en 1990) qu'une petite
ligne secondaire, bien loin des ambitions qu'on attendait d'elle
à l'origine.
Mais elle va prendre sa revanche, du moins en ce qui concerne les
grandes relations par TGV qui sont appelés à
ré-emprunter la plate-forme de la ligne (voir plus
bas).

Le début du parcours s'effectuait par un rebroussement, à Bellegarde. La voie unique s'élevait en rampe et passait devant l'ancienne gare de Bellegarde de la Compagnie des Dombes et du Sud-Est (Bellegarde-sur-Valserine) . Deux tunnels étaient ensuite franchis: [« de Musinens » (573 m) ,« de Châtillon » (257 m) ] et c'était l'arrivée à Châtillon-de-Michaille.
Faisaient suite deux autres tunnels [« de la Crotte » (136 m) , « de Trébillet » (86 m) ] , un viaduc en courbe, et c'était l'arrivée à St-Germain-de-Joux suivi 5 km plus loin de Charix-Lalleyriat. La voie, dans un très joli cadre, longeait sur la droite le lac de Sylans, franchissait le tunnel du même nom et atteignait Les Neyrolles.
Trois kilomètres plus loin, le train entrait en gare de Nantua, chef lieu d'arrondissement de l'Ain . Les 4 derniers kilomètres s'effectuaient en bordure du lac de Nantua, ponctués d'un tunnel de 280 m et c'était l'arrivée à La Cluse, gare de correspondance vers les directions de Bourg-en-Bresse et Oyonnax.
Jusqu'à la date fatidique du 27 mai 1990, la ligne était exploitée sous le régime du cantonnement téléphonique. Après la dépose de la seconde voie en gare de St-Germain-de-Joux, le seul croisement possible en ligne était en gare de Nantua.
Le matériel roulant était constitué à la fin d'autorails X 2100 ou 2800. Signalons les quelques incursions du X 2257 de Lyon-Vaise qui aura été le seul engin de cette série à avoir circulé entre Bellegarde et La Cluse.
La fermeture de la ligne entraînera la
mutation de l'X 2257 et de six X 2100 de Lyon-Vaise à Limoges
puis Toulouse. Quant au pont-tournant et aux voies de la rotonde de
Bellegarde où étaient garés jusqu'alors les
autorails, ils seront déposés quelques mois plus
tard.
Puis la gare de La Cluse sera abandonnée. Afin d'éviter
le "nouveau cul-de-sac" dû à la fermeture de la ligne de
Bellegarde, un nouveau tronçon sera réalisé
permettant aux trains en provenance de Bourg-en-Bresse et de
Saint-Claude de ne plus rebrousser.
Une nouvelle halte sera créée à cette occasion:
Brion-Montréal-La Cluse.
En avril 2003 la rotonde de Bellegarde a
été rasée. Prélude à la
reconstruction de la ligne annoncée en 1998 par le Ministre
des Transports J.C.Gayssot. Les prochaines années vont voir
circuler des TGV dans la vallée après
électrification, renouvellement intégral de la voie et
réfection, voire démolition des tunnels. On gagnera
alors une demi-heure sur la liaison Mâcon-Genève.
Après avoir été fermée à tout
trafic ferroviaire en 1990, la ligne Bellegarde-La Cluse va donc
renaître. Des trains régionaux aux TGV, étonnant
destin que celui de cette ligne...
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